Eloquentia@HEC : ce que la victoire de Zeïnabou Niaré au Bataclan apprend à ceux qui préparent un oral

Zeïnabou Niaré a gagné la finale d’Eloquentia@HEC au Bataclan en défendant une idée simple et un ton qui lui ressemble. À 18 ans, cette ancienne collégienne très réservée rappelle que l’aisance à l’oral s’apprend, et que le fond compte autant que la voix.

En bref
  • Finale le 6 octobre au Bataclan, devant près de 900 personnes.
  • Sujet imposé : « Faut-il se dépêcher de grandir ? », position négative.
  • Sa force selon elle : « je ne jouais pas un rôle ».

Que s’est-il passé au Bataclan ? #

La 8e finale nationale de ce concours pour lycéens, organisé depuis 2018 par HEC Paris et l’association Eloquentia, a réuni six finalistes de 15 à 18 ans, d’après le compte rendu d’HEC Paris. Trois questions ont structuré les duels : « Le bonheur, produit de l’année ? », « C’est à moi que tu parles ? » et « Faut-il se dépêcher de grandir ? ».

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Dernière à parler, Zeïnabou Niaré, originaire de Jouy-le-Moutier et aujourd’hui en première année de médecine, a répondu non à la troisième. Elle a défendu l’idée que grandir n’est « pas une course, mais un marathon ». Matys, 16 ans, termine deuxième, et Stéphane, 18 ans, troisième.

Comment une élève réservée arrive-t-elle sur cette scène ? #

Le parcours raconté par Oumma n’a rien d’un don précoce. Au collège, elle est décrite comme particulièrement réservée. Une professeure de français l’encourage à tenter un premier concours d’éloquence, une expérience difficile qui éveille pourtant son goût pour les mots.

Quelques années plus tard, en terminale au lycée de l’Hautil, une amie la pousse à recommencer. Elle gagne le concours de son établissement, ce qui lui ouvre la porte du programme. Le schéma est instructif pour qui se croit « pas fait pour l’oral » : un premier passage difficile ne dit rien du suivant, et il faut souvent un tiers pour oser y retourner.

Que contient la préparation ? #

Le cœur du travail tient en une semaine. En juillet, près de 80 lycéens se sont retrouvés sept jours sur le campus d’HEC pour des ateliers d’expression scénique, d’écriture créative, de rhétorique et de respiration. Thotis, qui a interrogé la lauréate, précise que la scène se travaillait avec un comédien et que des temps d’écriture permettaient d’appliquer aussitôt ce qui venait d’être appris.

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Ce mélange mérite d’être copié, même à plus petite échelle. Beaucoup de gens préparent une présentation en relisant leurs diapositives, ou répètent leur texte sans jamais le réécrire. Ici, la voix, le corps et le texte avancent ensemble : on écrit, on dit, on entend ce qui sonne faux, on réécrit.

Pourquoi « ne pas jouer un rôle » change tout ? #

« Ce que j’ai le plus apprécié dans mon texte, certainement l’une de mes forces, c’est que je me sentais moi-même, je ne jouais pas un rôle », confie-t-elle à Thotis. Son discours s’appuyait sur ce qu’elle connaît, Oumma évoquant son expérience au sein d’une famille nombreuse, et sur une image facile à retenir, celle du marathon.

En réunion ou en soutenance, le réflexe inverse est fréquent : adopter un ton « professionnel » qui n’est pas le nôtre, et empiler des formules. On peut tester l’approche avec trois questions avant une prise de parole. Quelle expérience personnelle éclaire mon sujet ? Quelle image unique le public gardera-t-il ? Cette phrase, la dirais-je à voix haute à un collègue ?

Une nuance s’impose. Être soi ne dispense pas du travail : selon Thotis, la finale couronne plusieurs semaines d’efforts, et le discours a été construit pendant le Summer Camp. L’authenticité se répète, elle aussi.

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Et si l’on ne choisit pas son sujet ? #

C’est le détail le plus utile pour la vie professionnelle. HEC évoque un « exercice imposé », et Zeïnabou Niaré a dû défendre une position attribuée dans le cadre d’un duel. Beaucoup d’oraux fonctionnent ainsi : présenter un budget qu’on n’a pas décidé, annoncer une réorganisation, passer un oral d’examen sur un thème tiré au sort.

La parade consiste à chercher dans le sujet imposé ce qui vous concerne réellement. Vous n’avez pas à tout aimer, seulement à trouver l’angle que vous pouvez défendre sans vous trahir.

Reste une leçon côté public. Membre du jury et lauréat 2025, Marc-Aurèle Ravon a eu cette formule en remettant le titre : « parfois, il suffit juste de se taire sept minutes et d’écouter ce qu’elle a à dire », en parlant de la jeunesse. Écouter fait aussi partie de l’exercice.

Questions fréquentes #

Qui peut participer à Eloquentia@HEC ?

Le concours s’adresse aux lycéens. La promotion 2026 comptait environ 60 % de boursiers ou de jeunes issus de quartiers prioritaires, selon HEC Paris.

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Combien de participants ont suivi le programme cette année ?

HEC Paris donne selon les passages 79 ou 80 jeunes au Summer Camp, 17 demi-finalistes puis six finalistes.

Quel conseil donne la lauréate ?

Aux lycéens qui hésitent, elle répond dans Thotis : « Vous n’avez rien à perdre à essayer ».

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