Slam ton parcours : à Dijon, des demandeurs d’emploi se présentent aux recruteurs en slamant

Pas de CV, pas de lettre de motivation. Le lundi 2 novembre, sur la scène de La Vapeur, à Dijon, des demandeurs d’emploi ont présenté leur parcours professionnel en slamant, face à des recruteurs de la région. L’opération, baptisée « Slam ton parcours », clôturait plusieurs semaines d’ateliers menés par France Travail. Elle pose une question qui intéresse quiconque prépare un entretien : et si la meilleure façon de se présenter passait par un texte écrit, travaillé et dit à voix haute ?

Un parcours de plusieurs semaines avant la scène #

Selon le communiqué de France Travail Bourgogne-Franche-Comté relayé par Infos-Dijon, les agences France Travail Dijon Nord et Ouest ont proposé à une dizaine de demandeurs d’emploi un « parcours de remobilisation artistique » autour du slam et du jeu théâtral. Le Bien Public, présent lors de la soirée, compte onze candidats sur scène.

Le travail a commencé bien avant la représentation. Du 21 septembre au 19 octobre, les participants se sont retrouvés à La Maison Phare, à Dijon, pour des séances de trois heures. Ils y ont travaillé l’écriture, la mise en voix et l’interprétation de textes inspirés de leur vécu professionnel.

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Deux artistes, mobilisés par l’association Bimbadaboum, les ont accompagnés. Lolita Huguenin, comédienne, s’est chargée du travail théâtral, de l’expression orale et de la présence scénique. Yannick Fromont, auteur, compositeur et interprète, est intervenu sur l’écriture et la mise en voix des textes de slam.

Un dispositif national

L’initiative dijonnaise s’inscrit dans « L’art d’accéder à l’emploi », un dispositif national de France Travail soutenu par le club « Les entreprises s’engagent ». Son principe : s’appuyer sur les pratiques artistiques pour développer les savoir-faire des demandeurs d’emploi, révéler leurs qualités personnelles et renforcer leur confiance en eux. Après la représentation, un temps convivial réunissait les participants et une dizaine de recruteurs du territoire.

Pourquoi le slam fonctionne comme un entraînement à l’entretien #

Le communiqué de France Travail le dit clairement : au-delà de la dimension artistique, les exercices travaillent des aptitudes directement utiles dans une recherche d’emploi. Il cite l’expression orale, la posture, l’écoute, l’aisance et la capacité à se présenter. L’objectif affiché est aussi d’apprendre à capter l’attention d’un recruteur et à valoriser son expérience autrement que dans un entretien classique.

Le slam a une particularité qui le rend précieux pour cet exercice. C’est, comme le rappelle Le Bien Public, un art oratoire qui consiste à réciter un texte personnel et rythmé. Trois contraintes en découlent, et toutes trois servent l’entretien d’embauche.

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Écrire avant de parler

On ne slame pas en improvisant. Il faut d’abord choisir ce que l’on raconte, dans quel ordre, et ce que l’on laisse de côté. C’est exactement le travail que demande la fameuse question « Parlez-moi de vous » : sélectionner deux ou trois expériences qui font sens, plutôt que dérouler son CV ligne à ligne.

Le rythme comme fil conducteur

Un texte de slam vit par ses respirations, ses répétitions, ses ruptures. Transposé à l’entretien, cela revient à varier son débit, à marquer des pauses après une information importante et à finir ses phrases au lieu de les laisser s’éteindre. Un recruteur retient mieux une phrase posée qu’une énumération rapide.

Raconter son histoire à la première personne

Le slam est un genre intime. En écrivant sur leur vécu professionnel, les participants apprennent à poser, selon les mots du communiqué, « un regard nouveau sur leurs expériences ». Une période de chômage, une reconversion ou un parcours en dents de scie peuvent devenir un récit cohérent, assumé, plutôt qu’un trou à justifier.

Ce que vous pouvez en retenir, même sans monter sur scène #

Inutile de slamer devant un jury pour profiter de la méthode. Quelques exercices simples s’en inspirent directement.

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Écrivez votre présentation, au mot près, en une minute de lecture. Lisez-la à voix haute, puis réécrivez les phrases sur lesquelles vous butez : si vous trébuchez à l’écrit, vous trébucherez à l’oral. Enregistrez-vous et écoutez où tombent vos respirations. Enfin, entraînez-vous debout : la posture change la voix, et la scène de La Vapeur rappelle que l’on se présente avec le corps autant qu’avec les mots.

L’expérience dijonnaise ne dit pas encore combien de candidats ont décroché un poste. Elle montre en revanche une chose que tous les formateurs à la prise de parole connaissent : la confiance à l’oral ne tombe pas du ciel, elle se construit séance après séance, texte après texte.

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